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Table des matières
Les Dieux - La Création du Monde - L'Ascension de Slanesh
Irda et Falcifia - Trama - Melzarion - Les Quatre Saisons


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Les Anciens Dieux


“La voie des Anciens Dieux a toujours été et elle demeure la seule voie envisageable. L’histoire se souvient de la grandeur de l’âge des héros et de la puissances des empires religieux, presque théocraties. Le culte des divins, ceux qui créèrent tout de la terre que nous foulons et en qui nous pouvons trouver toutes réponses quant aux questions qui nous habitent.

Nous avons compris qu’il ne suffisait pas que de prier un seul des aspects des divins, mais que nous devions tous les prier. Chacun d’eux est une part essentielle de ce qui compose l’homme et son entourage, et chacun d’eux céda au monde ce qui le forgea et fit de nous ce que nous sommes aujourd’hui.

Bien avant les nouveaux cultes émergeant régnait en force la croyance en ces entités divines, et les Anciens Dieux ne doivent jamais être oubliés.

Les hommes ne sauraient oublier leurs créateurs. Avisons-nous de le leur rappeler.”


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Le temps s’écoule et se perd, et à travers lui les histoires et les légendes qui façonnent notre monde. Un monde aussi marqué par le temps que par les pas qui le foulèrent. Le monde séduit depuis toujours par la faim des âmes: La Foi.

Il n’y a rien de nouveau chez les Dieux, ils se suivent et se succèdent, sans pour autant qu’un règne n’en mette un autre à bas. À travers les guerres, les écrits, les famines: Le corps faiblit, l’esprit meurt, mais une chose toujours demeure: La Foi.

Si le monde tourne maintenant son regard géopolitique vers les nouvelles religions qui arpentent la terre, avec leurs dogmes et leur nouvelle approche de la réalité, il reste toujours parmi nous de ceux qui gardent leur regard porté sur le passé.
Qui gardent leur regard posé sur les représentations des Dieux de nos ancêtres, de nos Dieux.
Ils ne sont pas morts, et ne mourront jamais.

Pourquoi se fier à un seul Dieu, ou à une représentation de la création, lorsque l’on peut se fier aux pouvoirs d’un panthéon qui s’unit et qui se complète? Pourquoi remettre entre les mains d’un prophète homme sa destinée lorsque l’on peut la remettre entre les mains de divinités issues du corps céleste, et immortels?

Ce qui différencie un vrai Dieu d’un faux Dieu, c’est l’effet qu’il a sur le monde qui l’entoure. Et les Anciens sont en nous, sont autour de nous, et l’on peut voir des expressions de leur volonté et de leur nature à tous les instants et en tous les lieux. Avoir la Foi: Ils existaient alors, et ils existent encore maintenant.

C’est en observant les Dieux et leur création qu’il nous est possible de comprendre les hommes, leur fonction ainsi que leur utilité. La création a été faite par les Dieux à leur image, et notre entendement ainsi que notre existence nous proviennent de la logique même de leur monde. Les étoiles, la terre, le ciel, le comportement des animaux, tout peut nous permettre de tirer des enseignements de ce que nos Dieux attendent de nous, et surtout, de comment l’homme doit fonctionner.

S’il est possible de croire davantage en l’un des Anciens Dieux, il est impossible de tous les nier, et le bon dévot sait tirer le bon enseignement de chacun d’entre eux, faisant de lui un être complet, se justifiant en lui-même.
C’est ce que vise l’homme, son ultime objectif.

Il est donc humain de tirer des légendes les enseignements ainsi que la morale à laquelle il faut se soumettre.

Le culte des Anciens Dieux est le vestige de croyances anciennes et qui se sont transformées, mutées avec le temps et l’âge qui n’auront pas su l’épargner. C’est le rassemblement de différentes croyances qui idéalisaient tantôt un Dieu, tantôt un autre. Avec la chute des Empires religieux vient la concession des croyances, en plus de la menace qui venait poindre à l’horizon - Celui des cultes émergeant qui n’avaient que l’ambition de détrôner les dieux connus.

C’est aujourd’hui un culte polythéiste vénérant l’ensemble d’un panthéon selon les besoins et les souhaits. C’est un culte qui se permet de scander le nom d’un Dieu pour donner force à son bras sachant qu’il part faire campagne, mais qui permet de prier le nom d’un autre Dieu au moment de pleurer ses proches.

C’est un culte à l’organisation inexistante, de gens épars à travers le monde et qui ne s’entendent pas toujours sur tous les aspects de leur Foi. Un homme pourra vous dire quels sont les dogmes de Tempus, mais l’homme de la prochaine ville pourrait ne pas avoir la même réponse.

C’est un culte sans hiérarchie ni tête au pouvoir, où tous et chacun peuvent s’improviser les messagers des Dieux, officier des unions et des fêtes religieuses sans avoir à craindre l’opprobre d’un supérieur insatisfait.

C’est un culte qui tire sa légitimité des gens qui le la lui donne, et où l’on peut s’identifier aux dieux que l’on vénère puisqu’ils sont imbus de sentiments humains et qu’ils ne sont pas sans fautes. Un culte qui vit à travers sa mythologie, des histoires racontées qui ne se ressemblent pas toujours, mais qu’alimentent les croyances de l’un comme de l’autre, et qui expliquent ce que l’homme ne peut expliquer logiquement.



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Les Dieux

Tempus

Perçu comme une figure emblématique du panthéon et agissant souvent à titre de Père du culte, Tempus est souvent associé à l’honneur, au courage et à la bataille, mais aussi aux cieux, à la noblesse et à la pêche. C’est un dieu de justice et de colère, un dieu qui punit le mauvais et qui soutien l’homme qui s’aide. Il appelle au devoir et à l’obligation et il aide les hommes à combattre la peur qui les tenaille. Ses domaines sont vastes, de même que les prières qui lui sont adressées.

Narzull

Narzull prône l’ambition et l’avancement, ne tolérant pas que l’homme demeure l’esclave de sa condition. Il est prié pour son élitisme et pour la force qu’il donne. Des prières lui sont adressées sur les champs de bataille et il est reconnu être le gardien du royaume des morts - Assurant le salut des hommes et leur prospérité dans l’au-delà s’ils ont vécu sans regrets. C’est un dieu vengeur qui enseigne la patience, et les profondeurs sont connues pour être son domaine. Il est le Dieu de la santé et des chevaux.

Sylvar

Son domaine est celui de ce qui n’est pas façonné et entretenu par l’homme. Il reprend ce que l’homme laisse sans entretien, par la nature qui est sienne et dont il fît cadeau au monde. Il apaise les calamités et assure l’équilibre. Il est un dieu de beauté et protecteur de la jeunesse. On l’identifie à la pureté et à la sagesse, et il est souvent prié pour ses conseils qu’on dit venir de la plus insoupçonnée des façons. Il est dit régner sur les vents et la moisson, la chasse et les chiens.

Slanesh

Dieu de bonne fortune, de labeur, de plaisir et de succès, il est maître de tout ce qui est façonné par l’homme à qui il enseigne à travailler. Il est Dieu du temps qui veille de jour comme de nuit. Il lègue aux hommes les outils pour les aider dans leur tâche et il prône à ce qu’ils façonnent leur propre chance. Il accompagne le fermier à toute heure du jour, de la faucille à la levée du coude le soir venu. Maître des routes et des voyages, on le prie pour la sécurité, pour le succès de nos entreprises et la prospérité.

Irda

Irda, à l’instar de Tempus, est perçue comme la mère du panthéon actuel. C’est une déesse de famille et de fécondité. Elle est souvent priée aux jours des mariages pour s’attirer ses bonnes faveurs et lors de la naissance d’enfants. Souvent représentée par le soleil, nombreux sont ceux qui en gardent des effigies en leur demeure afin qu’elle veille sur leur foyer. Elle lègue aux hommes la connaissance et la curiosité, leg qu’elle partage avec sa soeur Falcifia, afin qu’ils grandissent continuellement.

Falcifia

Falcifia se veut d’être une déesse d’abord d’amour et de passion, de secrets et de la nuit, berceau des amants. Elle est la séductrice, le désir qui s’éprend des hommes et des femmes. Bien des prières lui sont adressées à cet égard, tantôt pour s’attirer l’amour, tantôt pour se garder d’un amour interdit. Elle est une déesse de vérité qui révèle au monde les secrets les mieux enfouis. Elle n’est jamais plus puissante qu’à l’heure des loups, d’où elle veille sur le monde de la voûte céleste - Du ciel étoilé et de la lune qui la symbolisent. Elle enseigne à l’homme la peur et l’humilité afin qu’il ne sous-estime rien de ce qui l’entoure.

Aldramaletch

Esprit maléfique et corrupteur, il est réputé pour s’être lancé dans une quête dont la fin n’est pas envisageable: la corruption complète de la création des Dieux. Il est leur pendant destructeur et l’équilibre de leur influence. Comme rien n’existe sans son opposé, son existence est justifiée par le contrepoids de l’influence divine. Si le monde n’était pas constamment menacé, il n’aurait pas de sens. Il représente également la lutte morale de chaque être et sa possibilité de s’abandonner au mal.

Obéron

Reconnu à titre de demi-dieu du panthéon, Obéron symbolise d’abord et avant tout les rêves et les images qu’ils représentent. Il est le messager des dieux, et il envoie leurs augures à l’heure du sommeil. On le représente par des traits abstraits, et on le dit capable d’adopter toutes les formes possibles. Il enseigne à l’homme les arts. Prières et offrandes lui sont faites pour que leur soit révélée une nouvelle muse - Ou la révélation abstraite du destin à venir. L’élément dont il est le plus près est le sable, et les rêves qui en contiennent sont réputés pour être de ceux les plus vrais.

Trama

Trama est le premier véritable fils des dieux, et il est le patron des bêtes. Il apporte aux hommes la connaissance de la chasse et de l’élevage. Il est représenté comme un berger, un chasseur, et parfois comme une bête fauve. Des prières lui sont adressées pour obtenir sa protection, apaiser ses humeurs et pour le remercier d’avoir à manger à sa table. On dit ses colères sourdes, à l’égal de celles de Tempus, et lors desquelles il reprend ce qu’il a donné en inspirant les meutes et les bestiaux sauvages.

Melzarion

Le forgeron, le guerrier, l’ermite, Melzarion surveille les feux de la guerre comme les braises des fourneaux. Ce demi-dieu a donné le feu aux hommes ainsi que la science du combat. Il ne brise jamais sa parole, c’est pourquoi on fait des promesses en son nom. On désire recevoir ses conseils à la croisée des chemins, mais on craint sa fureur dans une bataille.



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Mythes et Légendes

La création du monde


Tout commence avec le néant, au sein duquel l’unique est forcé à l’auto contemplation éternelle et critique. Incapable de trouver en lui l’assurance, ni même la force, et incapable de détourner son regard de lui-même, tant il est solitaire, il prend la décision de se fractionner en autant de parties qu’il a d’âmes. De sa tête naîtra Irdacifia, de son coeur naîtra Sylvar, de son bras naîtra Tempus et de son poumon s’extirpera Narzull.

Les dieux alors indépendants de pensée et incapables de pencher leur intellect, leur créativité et leur désaccord sur quelque chose de plus constructif que la simple contemplation, se mirent en accord pour créer un paradis sur lequel ils pourraient vivre d’une vie charnelle et sensible. Ils créèrent donc une large étendue de sable, physique, mais terriblement peu attrayante, qu’ils appelèrent « le monde ».

Sylvar porta son regard sur le monde, et n’y trouva que tristesse, désolation et mort. Il coupa donc une mèche de ses cheveux et la posa sur le sol. Les racines de ces cheveux prirent et de chacun de ces fils d’or naquit une forêt. Il pleura sur le sol, et de chaque goutte naquit un océan, une rivière ou un lac. Puis finalement, de la glaise, il modela les animaux du monde, au gré de ses fantaisies.

Les dieux profitèrent de leur création un certain temps, vivant pleinement chaque chose que procurait la nature, goûtant aux fruits, nageant dans les eaux, chassant et dansant. Au bout d’un millénaire, toutefois, ils devinrent las de leur paradis, et sombraient de plus en plus souvent dans des rivalités violentes et sanguinaires afin de prouver la supériorité de leur domaine sur celui des autres. Afin de dissiper cette mésentente et ces guerres interminables, les Dieux s’accordèrent à continuer le perfectionnement de leur création.

Tempus tourna alors son regard sur ce monde parfait et y créa un être à son image qui saurait s’harmoniser parfaitement avec cette nature si belle. Il créa les elfes, des créatures nobles et puissantes, aussi sages que valeureuses, qui savaient faire preuve d’honneur et de courage et qui ne se détournaient jamais d’un ami. Les elfes surent bien s’harmoniser et respecter la nature, témoignage de la bonne entente de jadis entre Tempus et Sylvar. Alors que l’un respectait la création de l’autre, en fournissant habits et nourriture à foison, l’autre respectait le premier en replantant ce qui était coupé et en aimant chaque chose de la nature avec une passion proche de celle que l’on porte à un ami.

À cette époque, et pendant encore mille ans, les dieux vécurent côte à côte avec les elfes, desquels ils se prirent d’affection… Mais les Elfes n’aimaient d’un amour vrai que deux dieux, leurs pères Tempus, qui leur avait donné la vie et qui les avait créés à son image, et Sylvar, qui leur donnait la moisson, les vêtements, ainsi que la survie.

Cet amour rendit jaloux Narzull.

Posant son regard sur le monde, Irdacifia décida que ce monde, habité, vivait comme un poupon au berceau depuis trop longtemps. Il manquait à l’Elfe la connaissance, la soif de savoir, ainsi que la magie. Elle offrit donc à l’elfe le livre, la plume et l’encre en guise de cadeau, et leur apprit tous les secrets du monde créé par Sylvar. La magie et la connaissance se répandirent alors sur le monde et les elfes, heureux, vouèrent une gloire nouvelle à Irdacifia, délaissant Narzull dans l’oubli.

Après un temps, Narzull en vînt à se fâcher, seul dans son palais, et oublié. Il décida donc de créer sa propre créature, construite à son image. Elle serait faillible et mortelle, mais aurait la capacité d’apprendre de ses erreurs et de chercher toujours la perfection de son art. Cette créature n’aurait besoin de rien pour survivre, et aurait la capacité de faire sien ce qu’elle désire. Elle pourrait dominer la nature, si elle entendait survivre, et pourrait utiliser le savoir comme l’on utilise un outil. Elle connaîtrait l’élitisme et l’esprit de vengeance. Il créa l’Homme.

Dans leur mésentente et le retour de leur fureur, les dieux se retirèrent du monde afin de le laisser prendre en maturité seul, comme un pari de leur supériorité. Ils intervinrent toutefois toujours dans les affaires du monde qu’ils fondèrent.

Et ainsi fut fondé le monde tel que nous le connaissons.


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L’Ascension de Slanesh


Bien après que les créations de Narzull commencèrent à fouler le sol de leurs pieds naquit un homme particulièrement intelligent. Il n’existait alors, à cette époque, ni jeu, ni plaisir, ni fête. Il n’y avait pas non plus de travail. Il n’existait que l’Élitisme, la vengeance, la connaissance, l’honneur et la guerre.

Cet homme là, toutefois, était différent.

Il quitta bien vite le berceau pour s’adonner à la construction. Il inventa divers objets qui facilitèrent la vie de ses semblables.

Il créa la roue, puis le cordage, puis le bronze. Il maîtrisa le savoir d’Irdacifia afin d’en créer des outils. Cela, déjà, lui attira le regard des Dieux.

Se lassant rapidement, il laissa de côté son ouvrage, celui de rendre la vie plus simple, afin de se pencher sur un autre projet: Rendre les soirées moins longues et ajouter le plaisir au labeur. Il inventa donc les cartes, les dés et le jeu. Toutes les créatures de la création y trouvèrent leur compte et tous en profitèrent pleinement. Le jeu contribua à rendre hommes et elfes plus heureux et à diminuer les tensions ainsi que la morosité.

Se lassant rapidement du jeu, l’homme décida de se pencher sur ce que la nature pouvait lui offrir d'autre que des matériaux. Des vignes et des céréales, il créa donc la fermentation, et de celle-ci il tira l’alcool, qu’il offrit en cadeau à ses semblables.

Revoyant son oeuvre dans son ensemble, il comprit qu’il avait fait là l’oeuvre d’un Dieu, créant et propageant un domaine. Las de ses créations, mais désirant élaborer davantage l’oeuvre de sa vie, il alla rencontrer les dieux et leur fit une offre. S’il gagnait à un jeu de son choix et de son invention, il devenait immortel et rejoignait le panthéon divin. S’il perdait, il serait détruit, tué pour le plaisir des Dieux blasés.

Les dieux acceptèrent l’offre.

L’homme tira donc de sa poche une pièce et la présenta aux dieux. Il leur expliqua que si elle tombait sur le côté face, il perdait, et que si elle tombait sur le côté pile, il gagnait. Les dieux comprirent immédiatement et apprécièrent l’idée.

L’homme tira la pièce qui tomba sur pile. Il gagna.

Les Dieux firent donc de lui un Dieu, celui du labeur, des plaisirs et des routes, et l’intronisèrent auprès des leurs. Bien des années plus tard, un homme tomba par hasard sur la pièce utilisée dans le pari contre les dieux. Il découvrit que la pièce n’avait aucun côté face.

La dernière invention de l‘homme, avant de devenir Dieu, fut la triche.

Il fut nommé Slanesh par les autres Dieux.


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Irda et Falcifia


Lorsqu’elle offrit la connaissance et la magie aux elfes, Irdacifia fit un cadeau qui lui valut renommée et amour parmi les créatures de Tempus. Elle s’attira également, et du fait même, la haine féroce de Narzull, délaissé et solitaire par son geste. Lorsqu’il créa les hommes, il alla voir Irdacifia et lui demanda de faire grâce à ses créatures du même don qu’elle fit aux créatures de Tempus.

Devant la colère sourde de Tempus à cette demande, et à la menace de sanctions terribles, Irdacifia refusa de se soumettre à la demande de Narzull. Il céda alors à une haine féroce. Durant la nuit, Narzull aidé de Slanesh forgea une lame parfaite, capable de tuer même un Dieu. La lame s’appelait Légion.

Il la plongea dans l’eau pure afin de la protéger de la sorcellerie de la Déesse. Le lendemain, alors qu’elle faisait une sieste sous son arbre de la connaissance, Narzull lui arracha les yeux.

Plus tard dans la journée, alors qu’elle s’éveillait, elle ne vit rien et n’eût plus le plaisir de voir et d’apprécier l’invention de Sylvar ainsi que l’étendue du domaine de sa magie. Son coeur se fendit et elle sombra dans une terrible dépression pendant plusieurs années. Elle devint mélancolique, triste et sèche, cherchant dans l’invisible davantage de pouvoir que dans le visible, et reniant tout des plaisirs qui lui avaient été volés.

Un matin, Narzull vint la rencontrer et lui fit une offre. Il lui rendrait ses yeux, et donc la joie de vivre, et en échange elle devrait offrir à ses créatures, les hommes, le même cadeau qu’elle avait offert aux fils de Tempus.

Résignée et hargneuse, elle accepta et offrit le don aux humains contre la volonté de Tempus. Narzull tint sa parole et rendit ses yeux à Irdacifia qui ne retrouva jamais pleinement sa joie perdue avec les années. Qui plus est, son âme était torturée par le remord d’avoir enfreint les ordres de Tempus, dont la puissance n’était pas sans imposer la crainte, même à ses semblables.

Lorsque Tempus apprit la nouvelle et vit que les hommes se tiraient de leur état larvaire grâce aux connaissances et à la magie, il sombra dans une rage folle, comprenant immédiatement que son autorité avait été remise en doute et que sa protégée n’avait pas suivi ses ordres. Dans sa colère, il invoqua devant lui Irdacifia et sans lui laisser même le temps de s’expliquer, il la pourfendit de sa lame divine, qu’Aldramaletch glissa entre ses doigts.

Comme les Dieux ne peuvent pas mourir, des deux parties sectionnées d’Irdacifia naquirent deux nouvelles divinités, empruntant de leur mère presque toutes les facettes. Irda, d’une beauté dévastatrice, naquit de la lumière de l’âme de sa mère. Devant sa beauté et sa puissance, même Tempus tomba à genoux, repentant de son acte. Elle lui offrit son pardon, et tous deux se marièrent.

Mais de la lumière naquit son équivalent d’ombre, Falcifia, bien moins belle, mais largement plus sournoise, et animée par l’idée de vengeance et d’injustice. Ce qu’Irda représentait de lumière, elle le dégageait de ténèbres. Tant et si bien que Tempus la bannit d’un simple revers de la main, la congédiant dans les ombres qu’elle ne devrait plus jamais quitter. C’est là que Narzull la retrouva, et qu’il vit en elle la prolongation de sa propre oeuvre, comme le résultat de sa propre croisade. Il en fit donc sa femme.



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Trama


Trama était un elfe d’une profonde et absolue beauté. Il était merveilleux et son charme était sans la moindre borne. Tous les jeunes elfes de la création cherchaient à rencontrer le bel être, à tel point que bientôt, même les dieux ne purent faire autrement que de le remarquer, et tous, à leur manière, tombèrent en amour avec Trama.

Tempus posa sur son protégé son regard, et il lui fit le plus grand honneur qu’un père ne puisse faire à son enfant, il fit de lui son champion, et lui offrit l’immortalité, le reconnaissant comme son fils divin, et lui offrant une place au panthéon des Dieux, comme celui de la beauté.

Sylvar le reconnut comme un prince de sa création, et lui offrit en cadeau des talents hors du commun. Trama devait représenter tout ce qu’il y avait de plus beau et de plus grandiose dans la nature. Il savait donc faire couler les ruisseaux, faire pousser de magnifiques arbres, et donnait un sens d’unité aux animaux, fondant le concept de meute. Pendant cette ère, l’animal sauvage n’existait pas, tous étaient de paix et d’amour.

Narzull lui offrit l’infaillibilité, le rendant aussi parfait que son image, et faisant de chacune de ses entreprises un succès. Trama était destiné à être le meilleur dans son art.

Slanesh fit de lui l’archétype de la beauté, et inventa autour de lui les arts que nous connaissons maintenant, et qui cherchent comme sujet le beau: la peinture, la sculpture, le théâtre, la danse et la musique.

Tous lui avaient offert un cadeau, sauf, de concert, les soeurs Irda et Falcifia, qui les deux étaient jalouses de la beauté de Trama et de l’attention que lui offraient leurs maris. Jalouses, Irda et Falicifia rencontrèrent leurs époux pour les mettre en garde contre l’attachement qu’ils avaient pour le faillible Trama. Mais le Panthéon n’avait que faire des suppliques des deux déesses.

C’est alors qu’apparu aux Dieux Aldramaletch, leur proposant un pari. Il soumettrait Trama à un test. Si celui-ci l’échouait, il devrait être banni du royaume des Dieux. Si toutefois il réussissait, il gagnerait l’immunité à la corruption et au moindre vice. Arrogants, les Dieux acceptèrent sans ciller.

Aldramaletch apparut à Trama la première fois chez celui-ci. «Que tu es grand, Trama. Que tu es fort. Assurément, tu saurais faire d’une course le tour du monde?»

Fier fils de Tempus, Trama accepta le défi sans broncher, et fit de la terre une enjambée, non sans toutefois l’épuiser.

Aldramaletch apparut alors à Trama pour la seconde fois. Cette fois, alors qu’il se trouvait au coeur d’une forêt. «Regarde comme les arbres sont beaux, regarde comme ils sont à ton image. Assurément que tu saurais d’une journée, tous les couper?»

Fier fils de Sylvar, Trama s’empara d’une hache et, dans le plus grand respect de la nature, il vida de bois la forêt, prenant soin de remercier Sylvar pour son don, à chaque arbre coupé. L’effort le fatigua tant qu’il dut se reposer sur son travail, une fois qu’il fut terminé.

Aldramaletch apparut alors à Trama pour la troisième fois. Cette fois, toujours alors qu’il dormait sur son tas de bois. «Ton bois est vigoureux et bien sec. Assurément que tu saurais en faire le plus grand et le plus solide brasier du monde?»

Fier fils de Slanesh, Trama construisit de ses mains le plus grand et le plus beau brasier de la terre, qu’il alluma. L’oeuvre était si parfaite, que son coeur brûlait comme l’étoile solaire, et qu’il suffisait à réchauffer la création en entier. Son ouvrage l’essouffla tant qu’il manqua d’en perdre connaissance.

Aldramaletch lui apparut alors pour la quatrième fois. Alors que Trama reprenait ses forces, accoudé au brasier qu’il venait de construire. «Mais toi qui es si fort. Toi qui es si brave. Assurément que tu saurais tenir entre tes mains le tison le plus brûlant du brasier?»

Orgueilleux fils de Narzull, il s’avança dans le brasier afin d’y trouver le plus brûlant tison. Au moment où il se pencha pour le saisir entre ses mains, Aldramaletch apparu derrière lui, et le poussa dans le coeur brûlant du Brasier. Trop faible pour se défendre, Trama y sombra. Aldramaletch l’abandonna là, alors que sa chaire fondait et que ses cris déchiraient la création. Immortel, Trama se tira vivant du brasier, mais il était à présent laid et déformé, sa chaire fondue et cautérisée.

Défaits et humiliés, les Dieux se détournèrent de lui, et lui coupèrent l’accès au Divin, le piégeant pour l’éternité dans la création dont il serait maintenant la plus horrible démonstration de la victoire d’Aldramaletch sur lui, ainsi que sur les Dieux. De leur trahison, Trama ne se remit jamais, et sa colère, de son désir de vengeance et de son humiliation, il transmit aux créatures de Sylvar, sur lesquels il avait contrôle.

Il devint alors le Dieu de la bestialité, de la meute. Il représentait le tenant sauvage de la nature, et sa beauté lugubre et cruelle. Maître de toutes les muses.



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Melzarion


Il était une fois, il y a de cela des dizaines et des dizaines d’années, alors que le monde était encore au berceau, et que l’humanité faisait ses premiers pas vers la raison et la structure vivait un vieil homme.

Certains disaient qu’il avait vécu 100 ans, ce qui était terriblement vieux pour un homme, mais encore très jeune pour un elfe. Le vieillard avait passé toute son existence, d’aussi loin que tous se souviennent dans une forge, travaillant le métal jour après jour dans les flammes brûlantes du brasier, afin de modeler les outils du quotidien pour ses frères et soeurs Hommes.

C’était le début des guerres entre les Hommes et les Elfes qui menèrent à l’extinction de la créature de Tempus. Aussi connut-il également la forge des armes et des armures. Rien ne le rassurait davantage que d’être dans son antre, oeuvrant avec ferveur et dévotion. Les armes qu’il fabriquait étaient les plus belles, les plus tranchantes et les plus solides. Les armures qu’il fabriquait rendaient le porteur intouchable aux coups. Ses outils duraient des années.

Une seule chose, pourtant, torturait l’esprit solitaire du vieil homme. Jamais de sa vie il n’avait connu l’amitié. Jamais de sa vie il n’avait connu l’amour. Et jamais il n’aurait de descendance. Et l’idée de voir son oeuvre et son savoir s’éteindre avec lui l’effrayait au plus haut point. Tant qu’un beau jour, craignant de ne s’éteindre, il arrêta tout ce qu’il faisait, et fit chauffer ses forges pour un autre ouvrage que celui de l’ordinaire. Il passa soixante jours et soixante nuits à se confectionner un enfant. Il le forgea grand, il le forgea fort, il le forgea à son image.

Lorsqu’il fut complété, il ne manquait plus qu’à lui insuffler la vie. Pour cela, il se tourna vers les Dieux.

«Tempus, j’ai toujours agi avec discernement, justice et ai toujours accompli mon travail dans le plus grand honneur.» Toujours furieux du rôle dévastateur du vieillard dans le conflit contre ses enfants, Tempus tourna le dos au vieillard et refusa d’offrir la vie à son enfant.

«Narzull, j’ai toujours été le meilleur dans mon art. Je désire poursuivre mon oeuvre éternellement et toujours y exceller.» Narzull, comme la mort est son domaine, refuse que quiconque y échappe, même par l’esprit. Il tourna son dos au vieillard et refusa d’offrir la vie à son enfant.

«Sylvar, toi qui as créé la vie même dans l’inanimé, je t’en prie, insuffle-la à mon enfant.» Comme il refusait d’aider l’oeuvre de plus en plus empiétante de l’homme sur son propre domaine, Sylvar tourna le dos au vieillard et refusa d’offrir la vie à son enfant.

«Slanesh, toi qui est le Dieu du progrès et du labeur, ne reconnais-tu pas en moi ton plus fidèle serviteur? Ne récompenses-tu pas ceux qui te servent le mieux?» Et Slanesh de le balayer du revers de la main, tant la demande lui paraissait médiocre. À tant travailler, l’homme en avait oublié de se reposer - Et c’est de ce repos qu’il aurait pu faire sa vie et engendrer sa descendance.

«Irda, Falcifia, déesses du savoir et de la connaissance, s’il existe un moyen de donner la vie à ma création, c’est bien vous qui le possédez. Aidez-moi.» Irda, déesse de la famille, trouva odieuse l’oeuvre monstrueuse et solitaire du forgeron et lui tourna le dos. Falcifia, quant-à-elle, préféra se moquer de la solitude de l’homme, et de sa laideur. Toutes deux refusèrent d’offrir la vie à son enfant.

Désespéré, il s’abandonna au chagrin, entrevoyant la possibilité de la fatalité pour lui : de disparaître sans ne laisser au monde rien de son âme, et uniquement de son oeuvre. Alors qu’il sombrait au plus profond de sa bouteille lui apparut Aldramaletch. «Je vois bien que tu souffres, vieil homme. Et comme je ne suis pas indifférent à la douleur, je suis prêt à donner la vie à ton fils.»

Reprenant soudainement espoir, l’homme se mit à remercier l’esprit qui lui était apparu, le couvrant de toutes les promesses. «J’offre la vie à ton fils, mais en échange, tu devras faire pour moi quelque chose. Je veux que tu me construises une machine capable de tuer les anges, ces messagers des Dieux.»

Et le vieillard comprit qu’il s’était fait avoir. En échange de son fils, il devrait commettre un terrible péché, et aider l’entité à détruire les messagers divins. Enragé contre les Dieux, de lui avoir tourné le dos, mais incapable de tourner le dos complètement à son humanité, le vieil homme préféra se jeter dans les flammes de sa forge, s’y tuant, plutôt que de donner suite à la demande de l’esprit.

Mais Aldramaletch est un être odieux qui se refuse toujours à perdre. Récupérant son âme à même le corps calciné du vieillard, il l’emporta avec lui pour la soumettre à mille tortures, et pour le confronter aux défauts des dieux. Lorsque la métamorphose du pauvre vieillard fut complétée, et que de son âme ne demeurait plus que le mal, le vice et l’odieux, il l’implanta dans l’énorme carcasse de métal qui devait originellement être son fils, lui insufflant alors, bien ironiquement, la vie.

Il prit alors le nom de Melzarion et devint le tout premier Démon, le père de tous. Seigneur des forges infernales, Maître du mal, Gardien des pactes, Et le bras armé d’Aldramaletch, l’esprit du mal, contre la création des Dieux.



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Les quatre saisons


Avant que le premier animal ait foulé le sol, une grande forêt recouvrait le royaume qui était destiné à l'Homme. Cette forêt était si vaste que pour bien pousser, il devait y avoir des guides. Sylvar trouva alors les quatre plus vieux chênes de la forêt et leur donna la pensée. Disséminés à travers cette grande étendue verte, ces arbres sages dirigèrent alors la nature.

Tout était bien ordonné, tout était logique. Les arbres poussaient en rang et en ordre de grandeur. Tous recevaient suffisamment d'eau et de soleil pour croître. Jamais on ne vit de forêt plus luxuriante. Ne pouvant supporter que le travail d'un Dieu soit fructueux, Aldramaletch décida de s'en mêler. Il alla voir chacun des chênes et leur souffla le vent de l’orgueil.

Au premier, il dit : « Comme ta forêt est grande, noble chêne. Imposant et sans égal est ton talent. Les Dieux doivent être bien jaloux de ton labeur pour te priver ainsi du soleil. Ta puissance serait sans égale si tu pouvais avoir les conditions que tu mérites » L'arbre vénérable, qui ne connaissait pas la malice, écouta attentivement les paroles du Dieu perfide. Il laissa les paroles couler dans son tronc avant de parler à Sylvar.

«Sylvar, toi qui m'a créé, écoute ma demande. De tous les arbres, je suis le plus grand. De toutes, ma forêt a besoin de plus de soleil. Les journées sont trop courtes et les nuits trop longues. La vie est jeune, tu peux encore la changer. Augmente la durée du soleil et diminue le royaume de la lune. À jamais je serai ton symbole, mes racines comme mon feuillage seront ta fierté»

Ne sachant que dire à sa plus grande création, Sylvar accepta l'offre.

Alors, le soleil brilla de mille feux et le premier chêne était bien heureux.

Aldramaletch laissa le temps faire son oeuvre avant de retrouver le deuxième chêne.

Il dit : « Comme ta forêt est résiliente, noble chêne. Peu importe les intempéries, tu restes droit et fier. C'est dommage que ton frère grand ait supplié pour avoir plus de soleil. Par sa faiblesse, il n'y a plus de difficultés pour bien pousser. Tu n'as pas besoin de cette chaleur, c'est au froid que tu prouveras ta résistance.»

Le deuxième chêne, qui ne connaissait pas la perfidie, écouta avec attention les paroles du Dieu. Comme son frère, il demanda à Sylvar de changer la nature. À la différence, il demanda plus de nuit et moins de chaleur.

Bien que le Dieu de la nature trouvait ses arbres capricieux, il ne pouvait refuser à l’un ce qu'il avait octroyé à l'autre. Pour plaire aux deux, la lune et le soleil dominaient le ciel en alternance.

Le troisième chêne, qui était le plus beau, se vit altéré par ce changement. C'est quand il était le plus désespéré qu'Aldramaletch vint le voir.

Il lui dit : « Comme ta forêt était belle, noble chêne. Mais les changements des cieux ont fané tes éclats. Tes pairs ont prié ton maître, fait de même au nom de ta grâce. »

Ce qu'il fit. Sylvar, ne pouvant dire non, accepta de faire un changement plus doux entre la dominance du froid et de la chaleur. Ainsi, la végétation fleurissait.

Le quatrième chêne observait ces changements sans broncher. Aldrmaletch, voulant causer plus de chaos, alla le croiser également.

Il lui dit : « Comme ta forêt était calme, noble chêne. On pouvait s'y promener en toute quiétude. Maintenant, il fait ou trop chaud, ou trop froid et il n'est plus bon de se promener. À quoi bon être beau si on ne peut en profiter. Tes frères ne pensent qu'à eux et ont oublié la tranquillité. Rappelle donc à ton père quelle est la vraie priorité...»

Le quatrième chêne ne se fit pas prier et demanda à Sylvar d'avoir un moment de calme dans toute cette folie.

Avec ces quatre demandes, le froid et le chaleur ne savaient plus comment se gérer. Le soleil et la lune se partageaient le ciel sans jamais savoir à qui c'était le tour de dominer le jour. Tout allait de travers et Aldrameletch s'amusait de ce désordre. La grande forêt de Sylvar n'était plus luxuriante.

Jusqu'au point où le soleil et la lune se croisèrent, croyant respectivement que c'était leur tour de dominer la température. Sylvar n'avait plus le choix, il devait intervenir.

Pour leurs caprices, il arracha les quatre chênes vénérables de la terre. Pour leur vanité, il les condamna au labeur. À jamais, ils devraient suivre les changements de la nature.

C'est ainsi que les saisons virent le jour. À jamais, pour les surveiller, les quatre fils de Sylvar, les Demi-Dieux Été, Hiver, Printemps et Automne.

Pour éviter qu'Aldramaletch ne vienne perturber à nouveau le changement des saisons, il faut honorer ces vénérables esprits à la lueur de leur première arrivée. Ainsi, la nature va de bon train.