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Table des matières
L'Homme - Les Courants de Pensée - Organisation du culte
L'Initiation - La Dévôtion - L'Inquisition - L'Oeil


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Le Culte de l’Élu


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Le culte de l’homme. Le divin qui marcha le sol et qui offrit à l’homme la possibilité de s’élever et de se libérer de croyances anciennes et épurées. Un culte rassembleur sous l’égide de la lumière et du destin. Voilà ce que sont les grandes lignes du Culte de l’Élu.

Véritable emblème de foi et mouvement rassembleur, le culte s’est forgé une solide réputation à travers les âges et aura survécu à la grande noirceur. Suite à l’élévation de l’Élu, il ne laisse derrière lui qu’un prophète pour être sa voix et redonner la vue aux égarés. Le prophète concrétisa le travail déjà entamé par l’Élu et élabora les fondations de ce qui allait devenir le Consul, duquel il deviendra le premier “Éli” et le chef de la branche ecclésiastique. Ses premières paroles sont alors considérées comme vertus divines à posséder, partager et idéaliser.


L’Homme

« La complexité toute entière de l’existence en un mot: Humanité. »

L’homme est doute et l’homme est choix, et l’on ne peut retirer à l’homme ni l’un ni l’autre. À travers les décisions qu’il fait, les songes qu’il nourrit, il grandit, apprend et l’Élu aura souhaité lui offrir son culte, son destin, sa liberté. Une foi, un corps, une union à travers laquelle l’homme trouve sérénité, prospérité et lui permet d’élever son âme. L’homme, à travers son chemin, se trouve à de nombreuses reprises à être guidé, mais aussi à guider son prochain. L’Élu croit en l’homme et ses ambitions, ses rêves et ses vertus. Il ne revient alors qu’à l’homme de croire en l’homme.


Le Destin

« L’homme qui d’avenir est lésé, de sens est dépouillé. »

Le destin trouve son apparat dans la symbolique de la lumière. Il est dit que chaque homme est maître de son destin et des choix qu’il entreprend. Le chemin qui lui est montré, la lumière qui lui est révélée, est un guide qui jamais ne le quittera. La Foi enseigne au fervent à voir la lumière en toute chose, et un signe du destin en chaque action vécue. Les obstacles sont des leçons de vie dont il faut savoir tirer le meilleur de façon à s’élever et s’approcher de l’idéal divin.


La Hiérarchie

« On ne peut s’élever qu’avec des bases solides. »

L’échelle est un symbole d’ascension, mais elle trouve aussi son compte dans l’établissement d’un ordre social à travers lequel plusieurs échelons existent. La Foi est un cadeau partagé, et il ne suffit pas que de croire en réclusion - Il faut prendre part activement à la vie communautaire, à la fois celle de son culte et celle de son entourage direct et une bonne cohésion sociale doit respecter les conventions établies: Les rôles de chacun et les responsabilités qui viennent avec chaque échelon. En son temps, chaque homme doit être un guide pour l’homme.


La Pensée

« Qui est-il, l’homme qui réellement ne croit en rien? »

À chaque homme sa pensée, aussi serait-il faux de croire qu’il est possible pour tous les hommes de penser de la même façon. Naissent alors les courants de pensée qui rassemblent en des lignes plus larges, en des idées partagées. S’il n’existe que deux structures primaires au Consul, il existe toutefois une foulée de courants de pensée à travers lesquels chacun peut y trouver son compte, ses guides, ses lumières et ses repères. L’homme, à qui l’on a donné le don de la pensée, se doit d’en faire le meilleur usage possible.



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Les Courants de Pensée

Il existe une vaste gamme de courants de pensée qui se seront établis à travers les âges. Bien qu’il soit coutume lors de l’entrée officielle dans l’ordre que de se choisir un courant de pensée et y adhérer, ils ne sont pas exclusifs à ceux qui font partie du Consul. L'enseignement des voies n’oblige pas à prendre celle de ses tuteurs, mais bien celle dont l’on se sent le plus proche. Aussi est-il important lors du partage des pensées que de laisser miroiter chacun des courants plutôt que seul celui auquel l’on adhère.



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Index des Courants de Pensée
Mélérodiens - Émiléens - Ézékistes - Hénochéens
Ciséens - Saarins - Baruzards - Isidoriens
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Les Mélérodiens

« Nulle frontière dans la Foi. »

Les Mélérodiens sont des missionnaires qui envisagent l'établissement de lieux de culte comme des priorités dans l'établissement d'une foi durable et forte. Ce sont des pèlerins et des missionnaires, des bâtisseurs qui rêvent de s'établir toujours plus loin après avoir créé une communauté forte qu'ils cèdent à des successeurs. C'est un courant assez restreint qui considère que la main de l'homme doit toujours explorer plus loin. Leurs paroisses possèdent toutes des cloches, "L'Orage", là où "L'Éclair sonne le Tonnerre", expression consacrée appelant à la prière.


Les Émiléens

« Foi est choix. »

Émile « L’humble » de Morden fut le premier homme à accueillir l’Élu dans sa demeure et à lui laver les pieds. À une époque trouble, il accueillit le divin dans sa maison malgré les protestations des égarés. Émile choisi l’Élu avant que l’Élu ne choisisse Émile, et il est dit que lorsque l’Élu quitta son enveloppe charnelle, il fut le premier à lui porter les derniers sacrements. Le premier à prendre des initiatives là où nul indice n’avait été laissé, à braver l’inconnu et à choisir la voie de l’Élu. Les Émiléens s’inspirent de cette figure, allant de l’avant pour aider leur prochain. Leurs enseignements les préparent aussi aux rites funéraires, en hommage au geste d’autrefois.


Les Ézékistes

« La Foi triomphe sur le temps. »

Plus qu’une idée, la Foi est un symbole. Les Ézékistes mettent beaucoup d’importance quant au port du symbole de l’Élu et vouent leur vie à défier le temps à travers la sauvegarde de la vie. Leur grande majorité se compose entre autres de mires et d’apothicaires qui se consacrent à la préservation de l’humanité par le souci de la santé de chacun. L’homme en santé est un homme qui engendre, et l’on ne peut triompher sur le temps qu’en perpétuant l’homme et en lui enseignant la Foi.


Les Hénochéens

« Braver la mort, c’est aimer sa Foi. »

La mort n’est que le début du renouveau. À l’image de l’Élu quittant son enveloppe charnelle pour rejoindre les cieux, les Hénochéens croient fermement qu’il se dresse quelque chose d’autre après la vie et que tout n’est pas perdu. L’homme toute sa vie prend en expérience et en sagesse afin qu’au moment choisi il soit en mesure de relever le mystère de l’au-delà. Hénoch était une lumière pour les aveugles, mort en martyr, et croyait que nulle noirceur, pas même celle du trépas, ne devrait inquiéter l’homme qui baigne dans la lumière. Les Hénochéens sont des perceurs de secrets, des intrigués qui vouent leur vie à l’étude des mystères et à leurs réponses.


Les Ciséens

« L’Homme est tout, et tout est à l’Homme. »

Cisère changea son monde par un travail sur les limites de l’homme. Sa dévotion envers l’Élu lui apprit deux grandes vérités sur l’homme qu’il s’évertua à transmettre à ses disciples. L’Homme est la mesure de toutes choses: c’est par ses actions et sa perception du monde que le monde se bâtit aux yeux des hommes. Les choses n’existent que par l’homme, et donc la vérité n’existe donc aussi que par l’homme. L’homme, grâce sa raison, créer le monde et l’organise. Il est donc impossible de comprendre ce qu’une autre entité comprend de notre monde. Les faux dieux ne sont que mensonges et prévisions, et seul l’Homme est bon pour l’Homme.

Sa deuxième grande force fut de comprendre et enseigner que l’Homme n’avait aucune limite sinon celle de ses refus. Que tout est possible pour l’Homme à condition qu’il y mette la Foi et l’effort. Que les limitations physiques de nos corps ne sont que des obstacles, et que la Foi, la vraie envers l’Homme, permet de franchir le tout. Leurs prières sont accompagnées de flagellation et de lacérations. La douleur est une illusion des faibles. Il faut s’affranchir de la chair, des limitations humaines.


Les Saarins

« Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, entre les deux il y a la Foi. »

Les Saarins s’inspirent de la détermination du premier Saar. Il est dit que ce dernier ne serait jamais allé au dernier sacrement de l’Élu. Non pas qu’il n’était pas croyant, mais il était persuadé que l’Élu reviendrait un jour. Les Saarins croient qu’il existe une porte en quelque lieu et que derrière cette porte patiente l’Élu. Ils sont convaincus être voués à ouvrir des portes et se constituer les maîtres des clefs. Ce sont ceux qui connaissent les couloirs, les recoins du monde. Ceux qui voyagent de jour comme de nuit et qui sont à l’aise partout où ils vont.

Ce sont des messagers, des messies. Ils sont porteurs de grands messages et de la volonté de l’Éli. Ils braveront la misère et les intempéries au nom de leur Foi. La majorité d’entre eux sont des pèlerins qui marchent le chemin qui leur est tracé et qui apportent les enseignements sacrés partout où ils passent.


Les Baruzards

« La Foi est aveugle »

Il est dit que Baruzh était le plus fidèle et servile de tous les apôtres de l’Élu. Jamais il ne remettait les paroles de son Seigneur en doute, jamais il ne réfléchissait aux conséquences des ordres de celui-ci. Mais cet état de fait n’est pas sans cause. C’est lorsque Baruzh était guerrier de l’Empire que lui apparut l’Élu, alors qu’il était au bord de la mort sur un champ de bataille. Il pansa ses plaies et sauva sa vie ainsi que son âme. Il apporta la paix à son doute, la lumière à la noirceur de ses pensées.

Les Baruzards sont en majorité des gens s’étant détournés du droit chemin et sauvés par la foi, in extremis. Ils “retrouvent” métaphoriquement l’Élu, alors, à l’image de Baruzh sur son champ de bataille. Ces hommes et femmes sont souvent appelés les “réincarnés” parmi les priants de l’Élu, puisqu’ils bénéficient d’une seconde chance dans le regard de leur Dieu.


Les Isidoriens

« Rien n’arrive sans raison »

La légende veut qu’Isidore soit un riche marchand habitant la capitale de la Präm de la dernière ère. Négociant dans le domaine de la navigation, il fit un jour un pari risqué: une cargaison en transit vers Hollenton et représentant la totalité de ses avoirs. Malheureusement, une terrible tempête brisa le convoi qui fut englouti par la mer. Ruiné, Isidore chercha à s’enlever la vie.

C’est alors qu’apparut chez lui l’Élu. Plutôt que d’écouter les plaintes d’Isidore, il prit celui-ci par la main et l’emmena au-dehors de chez lui. Dans les rues de la Cité, il l’amena voir les gens, parler au peuple, puis voir des spectacles, des joutes et le travail commun des roturiers. Il lui montra la nature, la richesse et la misère.

La leçon qu’en tira Isidore est la suivante: tout doit être relativisé, et ce qui est grave aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain. Il faut savoir toujours se retourner, retrousser ses manches et être positif. Il ne faut s’en faire que pour ce qui dépend de nous, et il ne sert à rien de se prendre la tête pour des choses sur lesquelles l’on n’a aucun pouvoir. Il existe toujours une solution, et cette solution est interne à l’humain, et pas à ses possessions matérielles.



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Organisation du culte

Le Consul

« L’un est son bras, l’autre son coeur: l’inarrêtable volonté de l’Élu »

Le Consul est le plus haut organe décisionnel de la "Religion nouvelle". Il est le siège du pouvoir, et rien n’est fait sans que n’y consentent ses deux piliers: l’Impérator et l’Éli. Il s’agit également de l’organe stratégique et moral de la religion qui envoie à ses serviteurs son propre agenda et milite pour ses propres avantages. Avec ses moyens monétaires et son monopole sur l’âme humaine, il s’ingère fréquemment dans les affaires des États, ainsi que dans les affaires du commun peuple.


L’Impérator

« Que prétends-tu connaître à la vraie foi? La foi est une question de survie,
une guerre constante. Pas une balade à la belle étoile.
Viens ici mon garçon, je ferai de toi un homme. »

Dernier héritier de la grande lignée des mythiques "Impérators" qui prirent le monde en entier pour leur Guide, l’Impérator est également le plus chevronné des représentants de l’Inquisition, une caste mourante, certes, mais toujours aussi crainte et influente. On dit l’Impérator implacable, et fait de marbre: rien ne lui tient plus à coeur que la survie du Consul, et des valeurs qu’il représente. On le représente souvent en confrontation avec l’Éli.


L’Éli

« Tu tiens entre tes doigts l’avenir de l’espèce humaine, mon garçon. Garde. »

L’on raconte que Éli pourrait provenir d’une déformation du terme "Élu". Une branche non négligeable des représentants de la nouvelle foi parlent plutôt d’un simple raccourcissement du nom ‘Éliakim’, ou plutôt “Celui qui porte le flambeau”, en l’honneur du tout dernier dévot qui brandit jusqu’à la toute fin le nom de l’Élu et qui en fit une religion pleine et entière, faisant fi de la haine du reste du monde. Si les Anciens Dieux sont dits avoir périclité, c’est grâce à Éliakim que l’Élu lui, est aussi fort aujourd’hui. Et c’est cette lignée que maintient encore l’Éli, dans un esprit de paix, d’amour et de fraternité. Il laisse à son collègue l’épée pour le fardeau de l’éducation à la foi, et de la préservation des âmes. Il est le chef de tous les prêtres.


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L’initiation

« La première mesure est appelée Largo: c’est la valse la plus lente
et la plus longue. Mais qui commence la danse, sans passer par Largo? »

Les premières années dans le culte de l’Élu sont des années de contemplation et d’étude. Il est important de maîtriser les paroles du Guide lorsque l’on choisit de vivre sous son nom. Qu’ils prennent l’épée ou la plume, les initiés se verront remettre une charge considérable et d’une valeur absolue: la défense de l’âme humaine. Soit dans ses tourments les plus intestins, ou contre les tentations de l’extérieur. Aussi, pour eux, aucune erreur n’est permise.

Les initiés sont souvent accueillis dans les divers séminaires à de très jeunes âges, retirés de leurs familles pour être immergés dans le monde du Culte. Il est important pour eux de comprendre qu’ils sacrifient leur famille au sens restreint pour embrasser une famille au sens infiniment plus large. Pour eux, chaque homme et chaque femme deviennent autant de frères et de soeurs. Et même si certains s’égarent, et si certains se damnent, ils ne doivent avoir pour eux qu’amour. Il est dit que les Inquisiteurs pleurent chaque mort qu’ils causent, et prient une nuit entière pour chaque âme qu’ils ravissent à leur corps. La peine toutefois n’est pas remord, car il est certaine chose qui doivent être faites.

Vers l’âge de 12 ans, un apprenti est enjoint à travailler auprès d’un Dévot afin d’y voir la vie d’un autre oeil. Souvent envoyés dans des contrées hostiles ou éloignées, ils y apprennent à tendre la main à l’homme dans la misère et à guider le plus perdu vers la lumière de l’Élu. Vers l’âge de 16 ans, le même exercice sera fait, mais à titre d’écuyer d’un Inquisiteur. Il devra donc apprendre la voie des armes, ne serait-ce qu’un peu, et faire couler le sang. "Sans la douleur, il ne peut y avoir d’amour". Ainsi, c’est en infligeant la douleur qu’un apprenti doit apprendre à s’en détourner.

À l’âge de 20 ans, l'apprenti devra choisir sa voie. Il s’agira de celle de l’Épée, ou celle de la Robe.


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La Dévôtion

« Prions, car au tourment je ne connais qu’un seul remède: la Foi »

Jamais l’on ne pourra nier qu’il est un énorme sacrifice que celui que nous demande la Robe. Elle nous ravit de nos problématiques personnelles et pose sur nos épaules les problèmes de toute l’espèce. L’humanisme coûte cher, et il demande beaucoup. Chaque homme a une valeur aux yeux de l’Élu, et il faut s’assurer que cette valeur soit respectée. Lorsque l’apprenti choisit de prendre la voie de la Robe, il choisit également la voie de la Paix. Même s’il n’est pas interdit à un Dévot de se défendre, il lui est absolument interdit de prendre les armes contre un autre, et surtout de le faire au nom de l’Élu. Le Rôle du dévot est plutôt celui de ministre du Culte.

Souvent présents dans les cours seigneuriales à titre d'intendants, ou précepteurs de la noblesse, les dévots sont les quelques lettrés qui restent actifs dans les contrées connues. Ils sont très prisés pour leurs énormes connaissances, autant de la vie que de la mort. Ils sont réputés être des sages et leurs avis sont toujours écoutés même s’ils ne sont pas toujours suivis. Leurs fonctions sont aussi larges que disparates. Ils doivent tenir les messes quotidiennes et s’assurer que les fidèles reçoivent souvent leurs bénédictions. Ils doivent également s’assurer que les bancs des lieux de culte restent bien emplis et que les âmes ne s’éloignent jamais trop longtemps de la lumière de l’Élu. Ils ont la charge de s’occuper des nouveaux nés, ainsi que des mariages et des célébrations funèbres. Ils sont des conseillers spirituels pour le peuple, mais également des conseillers matrimoniaux, et des psychologues. Ils cherchent le mal où il se trouve le mieux ancré: dans l’esprit même de l’humain, et l’en déloge.

Car aspirer à mieux, c’est là la volonté de l’Élu.

Il arrive qu’un Dévot doive prendre les armes, pour une raison ou pour une autre. Un brigand, par exemple, pourrait avoir brûlé une église ou même un pâturage, apportant la famine sur sa paroisse. Des hérétiques pourraient également avoir trouvé refuge dans un bois environnant, ou encore une cabale de mages pourrait sévir dans les environs. Ils peuvent alors faire la demande du "Droit d’Épée", auprès de leur supérieur. Si celui-ci leur est accordé, ils pourront dégainer et ordonner l'illumination comme le ferait un Inquisiteur. Le Dévot avec le droit d’épée est considéré en tout point comme un Inquisiteur, et il possède le pouvoir de faire marche arrière.

Le livre, la plume, la langue et la foi sont les armes du Dévot, qui accepte avec sa charge de s’installer dans un “Oeil” qui lui est remis par son supérieur, et duquel il aura la charge métaphysique la plus complète.

Mais même à ceux qui ne veulent pas de notre aide, il faut savoir tendre la main puisque tous les hommes sont les frères de l’Élu, et les frères du Dévot, et pas seulement ceux qui le reconnaissent.


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L’Inquisition

« Dans mon coeur: ma Foi. Dans mon bras: ma rédemption »

Souvent considérée comme en opposition avec la branche de la Dévotion, l’Inquisition est un fragment du Culte de l’Élu qui s’est retourné vers les armes pour accomplir ce que les Dévots ne peuvent accomplir avec leur seule langue. Souvent considérés comme à la limite des paroles de l’Élu, et même du zèle, ils forgent leur devoir dans l’acier et pointent leurs lames sur les ennemis du Culte, et sur les ennemis de l’humanité.

La vie d’Inquisiteur en est une de solitude et de contemplation. La route est le domaine de l’Inquisiteur, qui ne la quitte que lorsque le devoir l’appelle. Contrairement au Dévot, il ne possède nulle paroisse, et le faible nombre des Inquisiteurs les obligent à rester en constant mouvement afin de pouvoir offrir au peuple, et au culte, toute la force de son bras, et de sa volonté.

L’Inquisiteur possède donc le Droit d’Épée qui lui permet de tirer sa lame au nom de son Dieu, ainsi que de se défendre comme il l’entend avec la parcimonie et le respect de ses voeux. Il peut également ordonner l’Illumination.

L'Illumination est un vieux concept obscur qui suscite parmi les plus grands penseurs du Culte de l’Élu un débat interminable de concept et de sémantique. Ce que le Droit d’Illumination était à l’époque, personne ne saurait clairement le dire, mais il existe une foule d’explications et d’arguments les défendant. Quoi qu’il en soit, il existe une forme de consensus muet sur la signification de ce droit dans notre époque trouble contemporaine.

L’ordre d’Illumination est un droit de recrutement d’hommes d’armes intéressés afin d'effectuer une mission divine ponctuelle. Si certains parlent de mythiques croisades contre le mal, d’autres, plus cyniques, diront qu’il s’agit d’un simple recrutement de mercenaires afin d’accomplir une mission qui était autrefois accomplie par l’ordre en entier. Les temps étant ce qu’ils sont, malheureusement, le nombre décroissant d'Inquisiteurs ne permet plus le ban et force l'Illumination pacificatrice, largement plus discutable.

Un Inquisiteur s’arrête d’ordinaire dans tous les villages qu’il croise sur sa route et se rend auprès du Dévot. Il lui posera invariablement la même question: "La noirceur épaisse du mal, la sentez-vous?" et le Dévot de lui répondre par l’une ou par l’autre des formulations suivante:

"Je suis le phare dans la pénombre, je garde les ténèbres éloignées." Une telle réponse signifie que l’Inquisiteur ne trouvera dans la communauté nul travail de son attribution. La coutume veut alors qu’il reste une semaine ou deux sur place, aidant la communauté dans des constructions, et supportant le Dévot dans ses offices. Dans ces situations, il est également de coutume que les Inquisiteurs parlent le moins possible aux autres. Son travail étant celui de la purgation, sa langue est moins pure que celle d’un dévot. Il doit offrir le bien dans le labeur, et pas dans la parole.

"Ma lumière s'étend, mais je devine au loin pis que la pénombre: les ténèbres." Une telle réponse signifie que l’Inquisiteur trouvera dans la communauté une tâche à sa mesure. Il devra donc s’enquérir de la mission divine qui lui est tendue, et la mener à bien. Toute sorte de missions peuvent retenir l’attention d’un Inquisiteur. L’exorcisme d’un lieu hanté, la purgation de tout ce qui pourrait sortir de l’ordinaire et être l’oeuvre du mal, l’exécution de la justice lorsque celle-ci manque de moyens. La seule limite de sa prérogative est sa bonne foi, et le regard de son supérieur.

L’Inquisiteur qui se voit dans l’obligation de remplacer un Dévot, ou qui décide de le devenir, le peut aisément. Tout d’abord, il doit rompre son droit d’épée, en attachant à la poignée de sa lame un mouchoir blanc. Cette lame est alors lavée des péchés nécessaires, mais ne peut plus servir au nom de l’Élu. Il peut alors faire la demande auprès de son supérieur afin de recevoir le Droit de Robe, qui lui permettra de prendre le livre, la robe, et d’officier, de faire messes, et de s’occuper de la vie spirituelle de la communauté. Il est possible de faire marche arrière en redemandant un droit d'Épée, et en rompant le lien qui bloque sa lame.

La lame, la force, la volonté sont les armes des Inquisiteurs et c’est elles qui le mènent sur les routes, et qui lui permettent d’accomplir son destin, et d’être inscrit peut-être, dans la légende. L’ordre étant largement diminué depuis l’époque de la grande chasse aux mages, n’en perd pas pour autant ses objectifs, son utilité, et sa haine de ce qui plonge l’homme dans la noirceur. Même s’ils ne le font pas toujours à des fins d’exécution, les Inquisiteurs sont réputés traquer les mages afin de les empêcher de nuire. Il est dit que la magie vole l’âme, et de ce fait, elle est la plus grande ennemie du Culte et de l’Inquisition.



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L’Oeil

« Partout où je vais, je laisserai mon Oeil. Il dissipera le voile
du mensonge, et révélera à l’homme la voie, la vraie. »

L’histoire veut que sur son long pèlerinage à travers l’ensemble du continent, l’Élu laissa derrière lui à chaque halte un oeil en cadeau. Cet oeil métaphorique était une petite pierre et il disait en parabole: "Garde en toi cet oeil, car il est le mien. Regarde à travers lui, et la lumière t'inondera".

Au tout début, ceux qui recevaient de tels cadeaux devenaient instantanément des prophètes de l’élu, gardant sur eux cet oeil dit doté d’un grand pouvoir afin de montrer à l’homme des miracles de l’Élu. Afin de montrer à l’homme qu’il n’a pas à se sentir dominé par ces Anciens Dieux et leurs avatars. Que l’homme, en lui-même, sait trouver la force de faire des miracles. Avec le temps, toutefois, et la dissipation des miracles, cette pierre devint historiquement la toute première de chaque formation de paroisses.

Partout où un oeil fut donné, il fut bâti sur celui-ci un lieu de culte appelé "Oeil". Bâtis en hauteur, les yeux sont les tours qui gardent les ténèbres loin des hommes. Ils sont souvent très éclairés, et surmontés d’une énorme cloche nommée “l’Orage”, là où "L’éclair sonne le tonnerre", en l'honneur des apôtres Melech et Nemrod. Chaque Oeil a un Dévôt, mais il arrive qu’un dévot n’aie pas d’Oeil. Il n’est pas pour autant itinérant, mais il devra trouver refuge dans une demeure plus modeste afin de servir la volonté de l’Élu. Il est dit que tant que l’homme demeure dans la limite de la vision d’un Oeil, son âme est protégée du mal quel qu’il soit.