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Table des matières
Dogmes, valeurs et concepts - Rites et Coutumes - Le Monde-Oeuf
Les Faussaires - L'Homme-Monarque - L'Homme-Vérité
L'Homme-Nu - Le Seuil - L'Homme-Seul


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Le Culte des Trois Créateurs



«Le Culte des Trois Créateurs est quasi-inexistant en Belgarath. Une poignée d’individus seulement pratiquent et prient, souvent seuls ou en très petits groupements. Aucun Cicérone ne s’est dévoilé depuis longtemps et les ouailles sont surtout massées dans les autres religions. Au début du chapitre, il n’existe donc aucune organisation sociale autour de ces concepts en Emlok.»



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« Au départ, rien n’était.
Ce que l’on pouvait qualifier de monde s’étendait, noir, vaste, et vide.
Les Trois insufflèrent alors le premier mouvement, le premier dérangement. »

Révélées dans les ruines oubliées des déserts, tablettes gravées ensevelies. Faisant foi des Trois, et de nous. Faisant foi d’un don, oublié, à l’Humain.


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« Le monde est un berceau : le monde est un berceau créé par Eux.
Le monde est une épreuve : le monde est une épreuve pour nous.
Le succès est un changement : le succès est un changement d’un nous à un Eux. »

“Zé mka. Zé m’mka. Giket m’mka oros. M’taket emheb-arisesi gi évdo. Gi tefnakht.”


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L’Humanité et le monde ne sont qu’une grande épreuve pour devenir déité. Que les Trois ont créé les hommes et le monde pour ne plus être seuls. Que quelque part, cachés dans notre univers, gît le secret pour devenir le Quatrième.

Leur seul indice est leur présence et notre héritage. Les voies de ces dieux sont opaques et mystérieuses, et en des millénaires, bien peu de certitudes ont vu le jour.

C’est donc un culte de soi.



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Dogmes, valeurs et concepts

L’Accomplissement

La position parmi les Trois doit s’acquérir. À travers l’accomplissement personnel. C’est un don que d’avoir la possibilité, tous et chacun, de devenir un dieu. Mais c’est par un investissement personnel hors du commun que l’on le devient.

D’aucun ne savent exactement quoi faire, mais tous sont d’accord pour dire que les Trois n’accepteront pas un faible. Qu’ils n’accepteront que quelqu’un ayant fait ses preuves. Là et comment est une autre histoire, mais la persévérance et le maintien personnel sont hautement valorisés à travers le Culte.

Les Mystères

Les Trois n’ont pas laissé beaucoup d’indices. Quelques tablettes égarées. Mais au fils des découvertes, toujours cette intuition qu’il y a plus. Caché, quelque part, n’attendant que nous. Comme faisant parti d’un grand schéma, qui n’attend qu’un homme pour être révélé.

Mais aussi dans la vie : pourquoi la mort, la vie, la réincarnation, le divin, le magique. La vie est un doute. Un long doute. Mais nécessaire pour s’élever, pour se ranger du côté des dieux.

Ainsi, deux valeurs sont valorisées : la curiosité, et la remise en question. La recherche donc, oui de réponses dans le monde extérieur, mais aussi en soi -intérieur. Qui suis-je ? Quel est ma place dans l’univers ? La Vie est-elle une illusion ? La méditation permettra aux plus aguerris de trouver la sérénité nécessaire pour évoluer dans la voie des Mystères.

Le Doute est synonyme d’intelligence. Le Doute, c’est savoir reconsidérer la chose dite par l’autorité, c’est questionner la gravité et l’univers, c’est accepter de réfléchir par soi-même plutôt que de se laisser dicter une raison. Le Doute est le seul gage de l’intelligence de l’Homme.

L’Éternité et l’Oubli

Beaucoup s’entendent pour dire qu’une vie est trop courte pour trouver la réponse. Qu’aucune expérience humaine seule, aussi riche soit-elle, ne permettrait d’accéder à la puissance, la sagesse, la grandeur de l’un des Trois. Et les tablettes semblent faire état d’un cycle, d’un retour dans le berceau des âmes. Éternellement, jusqu’à une ascension au Trône Vide. La mort est un endroit formidable, lien entre les existences, qui permet de culminer les apprentissages appris durant la vie, et d’acquérir, au contact des autres âmes, encore plus de savoir. L’ultime méditation: que la présence d’une âme sans les imperfections d’un corps, d’une chair, d’un physique. Essentielle et primée, la mort permet de devenir meilleur, en accumulant les vies antérieures pour bonifier la prochaine vie. C’est un processus lent et il demande du temps.

Mais le moment suprême de méditation, la mort, ce moment essentiel, n’est pas éternelle. Elle cesse lorsque la dernière personne cesse de parler de vous, lorsque vous êtes, ne serait-ce qu’un instant, complètement oublié de la mémoire des mortels. C’est alors la réincarnation.

Toutes les croyances païennes à travers les âges ont perpétué et transmis la notion d’âme et de royaume des morts. C’est l’un des cadeaux des Trois. L’une des traces indélébiles, impossible à nier.

La Primauté de l’âme sur le corps est alors une certitude, puisqu’elle se transmet et le corps meurt. Le seul culte du corps toléré sera celui qui servira d’outil dans une vie, et ne sera jamais une fin en soi.

L’Homme

Le Monde est une épreuve donnée pour l’Homme. L’Homme domine cet espace, l’Homme domine tout ce qui est et qui sera, car tout cela est créé pour lui, pour lui permettre d’accéder à l’ascension. L’Homme doit impressionner l’Homme pour demeurer au possible au sein du royaume des morts, pour l’ultime méditation. L’Homme est le fils des Trois. L’Homme est plus que le centre de l’Univers: il est le pourquoi et le comment de l’Univers.



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Rites et coutumes

Personne ne sait. Personne ne possède de vérité.
Existe-elle vraiment, la vérité?

Le Culte des Trois Créateurs ne possède ni chef, ni organisation. Un ensemble de coutumes a fini par s’imposer, parce que l’homme est une créature docile qui n’ose que trop peu souvent s’ouvrir à son esprit libre. Parce que des certitudes communes à l’Humanité s’implantent. Parce que des hommes sont plus près du Trône que d’autres.

Les Noms Sacrés

Les noms des trois ne doivent pas être dit en vain. Ils sont considérés comme des parties du tout divin que sont les trois créateurs. Dégageant plus de divinité que la plupart des mortels. Ces noms sont connus de peu. Ces noms sont sacrés, et leur prononciation est réservée aux grands moments et aux grandes demandes. Les livres contenant ces noms sont tout aussi sacrés, et considérés comme vivants. Le plus grand soin et respect leur sera démontré, et lorsqu’inutilisables, ils sont mis en terre. Comme un être vivant qui meurt.

Le Cicérone

Tous égaux devant Eux, et pourtant tous ignorants devant eux. Nul ne connaît le chemin exact pour arriver au Trône Vide. Et pourtant certains se démarquent de par leur dévotion, et leur volonté de guider les uns et les autres. Les guider dans leurs quêtes de déités. Nulle autorité cléricale stricte n’existe puisque nul ne connaît le chemin de l’ascension. Que des guides, dévoués, à ce que votre ascension se déroule pour le mieux. Sacrifice d’une vie pour celle des autres. Étape dans l’ascension pour certains. Après, l’on ne vit pas qu’une seule fois. Le Cicérone sera son titre désormais.

Le Pain

Considéré comme certain comme une trace du passage des Trois. Le pain, présent dans toutes les civilisations. Jeune et vieille. Consommé par les rois et les paysans, par les prisonniers et les geoliers. N’est-ce pas là une présence divine, insufflant la création chez l’Homme ? Le pain et l’eau sont la base de toutes les alimentations et deviennent les plats de cérémonie. Le pain devient symbole, et ne devra jamais, à l’instar des livres sacrés, être jeté. Il sera mis en terre. Le pain, c’est l’Humanité qui se distancie des bêtes.

La Méditation

Difficile de concevoir que les Trois aient cachés la solution dans le monde physique. À la vue possible de tous, au hasard. Le Trône et les indices se trouvent en grande partie en soi. La méditation sera progression et sagesse. Elle sera mère de vision et d’intelligence, de force et d’endurance.

La Vibrance

La Vibrance, c’est un moment de divin, imprévue. La vibrance, c’est reconnaître en l’art et le hasard le passage des Trois. C’est l’émerveillement face à un monde autre, immense dans la contemplation d’une enluminure. C’est l’émerveillement face à un arbre baigné d’une lumière dorée au coeur d’une forêt brûlée. C’est le moment précieux où la réalité transmet son appartenance à un monde supérieur. Que la réalité se laisse percer de la présence des trois, pour presque rien. L’Art et la Vibrance sont intimement liés. Car l’Art, c’est la méditation des intentions, d’un but, d’une oeuvre. Parce que l’Art ne sert à l’Homme qu’à s'élever. C’est une méditation dans l’action.

La Trinité

Le chiffre trois, le triangle et la triple. Une formulation, une forme qui deviendra coutume. Par hommage, par flatterie envers les Trois. Parce que s’ils sont trois, il doit bien y avoir une raison.

L’Aveuglement

Un rite populaire que celui de l’Aveuglement. Puisque le monde physique n’est qu’un prétexte à l’âme, puisque la Clef ne se trouve pas uniquement dans le monde physique, et que les yeux ne suffisent à le révéler. Alors on s’aveugle. Pour accentuer, à la manière des aveugles, les autres sens. Pour savoir écouter au sein de soi le monde plutôt qu’à travers les sens.

Symboles

Un trône vide ; la trinité ; une tablette ; une clef ; le pain ; et surtout la couronne.


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Courants de pensées


Fidèle à lui-même, le Culte ne saurait définir un courant unique de pensée. Au fil des siècles, des mots. Des idées qui marquent et qui perdurent. Tous les priants ont déjà lu et entendu les idées suivantes. Tous en prennent et en laissent, et constituent leur culte. Parce que c’est un culte de soi.

Le Monde-Oeuf

« Le monde n’est pas un berceau pour tous, mais le berceau pour un seul individu.
Lui, moi, vous, nous. C’est du pareil au même. »

Comment l’expérience divine pourrait-elle se révéler dans la simple existence d’un homme ? Comment, dans le court temps entre la vie et la mort d’un mortel, serait-il possible de devenir l’égal d’un dieu ?

La réponse est simple. C’est impossible. Il faut prendre littéralement toutes les expériences humaines pour espérer réussir à devenir l’un des leurs.

C’est-à-dire que tous les habitants qui peuplent, peuplèrent et peupleront le monde ne sont qu’une seule et même personne, réincarnée d’innombrable fois. Pour cumuler l’expérience digne d’un dieu. Les personnes les plus mauvaises, idiotes ou faibles seraient les premières vies de cette entité que nous sommes tous, et les sages les plus récentes et les plus tardives de ses vies. Le monde n’est qu’un grand nid, un grand oeuf pour nous permettre de devenir l’un des Créateurs.

Les Faussaires

Un courant populaire parle des Anciens Dieux et de celui auto-proclamé Élu. Dès le début de l’expansion de la foi en les Trois Créateurs, une idée s’imposa dans les rangs. Qu’étaient ces faux dieux qui tentaient d’usurper la gloire qui devait être dédiée aux Trois ? Des Faussaires. Des créatures très près du Trône vide prêtes à toutes les bassesses pour y accéder. À faire oublier les maîtres pour n’attirer les hommes que vers eux. Pour trouver à travers une masse de priants le moyen de rejoindre les Trois. Ils seront désormais les Faussaires, des entités puissantes et douées de pouvoirs, mais inférieures et traîtres aux Trois. Il ne faut pas être trompés : ils n’ont des dieux que l’ambition. Leurs créatures, les noms de légendes - elfes et nains, trolls et drows - n’ont su survivre, car ils ne possédaient pas l’étincelle réellement divine issue des Trois. Qu’ils servent de leçon aux Hommes.

L’Homme-Monarque

Plus l’expérience d’un homme est valorisée par des Hommes, plus celui-ci deviendra puissant. C’est un courant qui se rapproche de celui des Faussaires. Et en fait l’éloge. Ou presque: sans s’arroger la divinité, les Hommes doivent chercher à se faire adorer de leurs semblables. Parce que c’est l’Homme, à travers la mémoire qui assure l’Immortalité et la grandeur de l’âme des autres Hommes. Si l’Homme est redevable aux Trois pour sa naissance, c’est aux autres hommes qu’il devra le couronnement, qu’il deviendra Monarque parmi les monarques.

L’Homme-Vérité

Le vrai est impossible. Les sens sont trompeurs, la logique n’est rien.

Ce qu’il y a de plus vrai, ce sont les mathématiques. Les mathématiques sont claires, elles définissent une idée qui peut être comprise par tous. Si j’ajoute un bâton à un autre bâton, j’en possède deux. Mais les mathématiques sont une invention de l’esprit humain, pour permettre l’abstraction.

L’abstraction, c’est chercher à donner au monde un sens vrai, logique, qui n’existe pourtant pas dans la nature elle-même. C’est regarder le monde du dehors en y inventant un sens qui ne s’y trouve pas. Donc ce n’est pas la vérité, mais la peur du chaos du monde, et la crainte de devoir chercher la vérité en soi, car c’est le seul endroit où elle puisse se trouver. En soi.

Et comme la vérité n’existe pas dans le domaine de l’homme, dans le domaine d’une conscience fictive inventée dans la peur, et si elle n’est perceptible qu’en soi même, et guère à l’extérieur, la philosophie est morte.

Et il faut se taire.

L’Homme-Nu

Dérivant de l’Homme-Vérité, cette pratique veut que les sens sont tous trompeurs, et que seule l’abnégation complète des sens permet de découvrir le monde des Trois. Que ceux-ci nous empêchent d’y accéder, et que seule la méditation et l’Esprit nous seront bénéfiques. La proposition de l’Homme-Nu c’est celle de s’arracher au monde. De s’arracher au sens. D’être enfin nu devant le Trône Vide.

Les adeptes de l’Homme-Nu se priveront peu à peu de leurs sens pour se libérer du monde physique. Ils perdent alors la possibilité de communication avec les autres priants, et entretiennent donc le fondamental mystère sur leur Ascension. Ils deviendront aveugles, grands brûlés et sourds. Ils s’arracheront la langue et inhalerons les vapeurs les plus nocives. Les yeux crevés, les mains cloquées, ils s’éteignent et atteignent une Méditation où plus rien ne les renvoi au concret.

Le Seuil

On dit qu’en frôlant la mort, on en revient plus fort. Les adeptes du Seuil sont de cet avis. Revenir du royaume des morts, même après n’y avoir séjourné qu’un instant donnerait lieu à des fractions de la Méditation Suprême. Des fractions supérieures à des années d’expériences. Des fractions qui recèlent un caractère divin. Que l’on comprend mieux le monde dès lors, conscient du savoir de nos vies passées.

Le courant du Seuil encourage donc l’acte militaire. Sûrement les seuls disciples des Trois qui honorent la guerre, le combat. Après tout, les grands généraux ne font-ils pas les légendes pour des millénaires ? Les mémoires ne se souviennent-elles pas plutôt des grands hommes d’armes que des grands scribes?

Ils respectent les malades, sont fascinés par les malades et nombres d’entre eux deviendront médecins pour côtoyer ceux qui reviennent. Pour écouter les premiers mots de ceux qui reviennent du mauvais côté. Pour regarder les yeux de ceux qui meurent encore une fois.

L'Homme-Seul

Dérivant de l'Homme-Monarque, ce courant de pensée prône l'absence d'attachement émotionnel. Ce sont ces attachements qui nous poussent à commettre des actes pouvant nuire à notre ascension dans le monde. Ce sont aussi ces attachements qui pourraient nous retenir de nous rapprocher davantage du statut de dieu, ne serait-ce que pour demeurer plus près des personnes qui nous sont chères. L'Homme-Seul a des alliés et des contacts, mais il n'a pas d'amis et n'aime pas d'amour. S'il entre en relation, ce sera pour atteindre un but précis ou pour s'élever parmi les siens.

L'Homme-Seul croit donc, comme l'Homme-Monarque, que ce sont les hommes qui le courroneront, et qu'il ne pourra atteindre le trône vide qu'en n'entretenant aucune véritable relation d'amitié ou d'amour; que des fausses.